Communiqué de presse
Cancer de l’ovaire : prélever un bout de tumeur pour tester les traitements

Alors que Septembre Turquoise met chaque année en lumière les cancers gynécologiques, la recherche continue de progresser pour encore mieux les comprendre et donc les traiter. À l’Institut Jules Bordet (H.U.B), des chercheurs développent notamment une approche innovante permettant d’étudier, en laboratoire, comment la tumeur d’une patiente atteinte d’un cancer de l’ovaire réagit à différents traitements.
Chaque tumeur est différente. Et face à un même traitement, toutes ne réagissent pas de la même manière. Pour mieux comprendre ces différences, Meggy Suarez-Carmona, chercheuse ULB à l’Institut Jules Bordet, développe une approche qui consiste à prélever un petit fragment de tumeur lors de l’intervention chirurgicale et à le maintenir vivant en laboratoire.
Le fragment est découpé en fines tranches. Chaque morceau peut alors être exposé à un traitement différent, permettant aux chercheurs d’observer directement comment la tumeur réagit.
« En seulement 48 heures, nous obtenons déjà des informations très précieuses sur la manière dont la tumeur réagit à différents traitements », explique Meggy Suarez-Carmona.
Tester les traitements sur la tumeur, pas sur la patiente
L’intérêt de cette approche est de pouvoir explorer différents traitements directement sur les fragments de tumeur, sans exposer la patiente à ces traitements.
Les chercheurs peuvent ainsi étudier différentes associations de médicaments ou des traitements encore en développement, et observer rapidement les premiers changements provoqués sur la tumeur.
L’enjeu, ici, est surtout de mieux comprendre pourquoi certains traitements fonctionnent chez certaines patientes et pas chez d'autres. Ainsi, Meggy Suarez-Carmona s’intéresse notamment à l’immunothérapie, dont les bénéfices restent limités chez de nombreuses patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire. En étudiant les interactions entre les cellules cancéreuses et leur environnement, son équipe cherche à comprendre ce qui permet à certaines tumeurs de résister aux traitements.
Comprendre aujourd’hui pour mieux traiter demain
Pour l’instant, cette approche reste un modèle de recherche : elle ne permet pas encore de choisir le traitement d’une patiente même si la perspective est prometteuse.
En effet, si le modèle confirme sa capacité à prédire la réponse aux traitements, les chercheurs pourraient un jour tester plusieurs traitements en parallèle sur une même tumeur après son retrait. Les résultats pourraient alors apporter aux médecins une information supplémentaire pour les aider à choisir le traitement le plus adapté à chaque patiente.
Comprendre pourquoi certaines tumeurs résistent aux traitements pourrait, demain, aider à mieux choisir les traitements et ouvrir la voie à de nouvelles façons de combattre la maladie.
Les premières expériences sont prévues dès octobre, grâce à une collaboration étroite entre chercheurs, chirurgiens et oncologues de l’Institut Jules Bordet.
« La recherche fondamentale peut parfois sembler éloignée des patients, mais ce sont souvent les découvertes réalisées aujourd’hui qui deviennent les traitements de demain », souligne Meggy Suarez-Carmona.
À travers cette recherche, l’ambition est simple : mieux comprendre chaque tumeur pour, à terme, contribuer à proposer à chaque patiente le traitement le plus adapté à son cancer.
